Biographie Théophile Gautier 1849-1860

Cette biographie a été établie par Pierre Laubriet, ancien président de l’Université Paul Valéry (Montpellier 3) d’après l’édition de la Correspondance Générale de Théophile Gautier éditée par Claudine Lacoste-Veysseyre, 12 vol., Droz, Genève-Paris, 1985-2000.

DEUXIEME PARTIE

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Février. - Premiers billets connus à Apollonie Sabatier, mais qui laissent entendre des relations déjà amicales, puisque le 4 il lui envoie Ernesta qu’il ira ensuite prendre chez elle, que le 15 mars il lui propose de l’emmener au bal de la Mi-Carême, le 18 avril d’aller avec lui voir Rachel dans Adrienne Lecouvreur etc… ; ces invitations seront fréquentes tout au long des années. De son côté Gautier assiste aux dîners dominicaux que donne Apollonie – la «  Présidente  »-, du moins tant qu’elle reste entretenue par le riche H. Mosselman. Gautier commence à la tutoyer au début de 1850 ; la liberté de propos, souvent plus que grivois , à laquelle Gautier s’abandonne avec elle, n’autorise pas à conclure qu’il ait été son amant : ce n’était sans doute qu’un jeu provocateur, dans le milieu d’artistes qui se réunissaient chez la Présidente, et peut-être aussi pour Gautier, comme le suggèrent les Goncourt lorsqu’ils racontent dans le Journal, à la date du 13 décembre 1857, la lecture chez Mario Uchard de la fameuse lettre à la Présidente du 19 octobre 1850 : «  Fanfaronnade et toujours fanfaronnade chez ce bourgeois.  » Judith Gautier, dans Le Collier des jours, le second rang du collier, a laissé un portrait de celle qui fut «  la très chère, la très belle, la très bonne  » de Baudelaire qui devait être alors dans la quarantaine (2).

13 et 17 février. -Publication dans La Presse de Musée : Galerie française, repris, à la suite du précédent article, dansTableaux à la plume.

15 mars. - «  Le froid m’a chassé de Pimodan  », écrit-il à Apollonie Sabatier ; il se réfugie chez Ernesta, qui habite 14 rue Rougemont.

15 avril. -Publication dans La Revue des Deux-Mondes des «  Variations sur le Carnaval de Venise  », qui entreront dansEmaux et Camées en 1852.

26 mai. -Gautier arrive à Londres en compagnie du peintre Charles Landelle, et du ménage Lhomme, Régina et Alphonse, et il retrouve Nerval.

11 juin. - Il quitte Londres pour la Hollande et débarque à Rotterdam.

Jusqu’au 13 juin. -Il est à Amsterdam, puis se dirige vers Dusseldorf.

21 ou 22 juin. -Il est de retour à Paris. Ch. Landelle a dessiné pandant ce voyage au moins deux portraits de Gautier. Pendant ce séjour qui lui permettait de fuir les pénibles événements de France : «  dans cette malheureuse semaine de choléra et d’émeute qui vient de s’écouler, les théâtres de Paris n’ont rien joué (3) « , écrit-il dans son feuilleton du 20 juin, il peut rendre compte de représentations à Londres ; Gazza ladra de Rossini, Don Juan de Mozart, etc… ; il va à Covent Garden, assiste aux courses d’Ascot, il visite une jonque chinoise. Enfin, il fait la connaissance de Marie Mattéi : «  Tu te souviendras qu’il y a trois ans à pareille époque, nous nous sommes parlés pour la première fois à Londres, et le ciel de Lyon vaut bien celui de B. Street (4) « .

26 juillet. – Début des comptes rendus du Salon dans La Presse : douze articles, le dernier publié le 11 août.

Vers le 10 août. -Gautier souffre de dysenterie : est-ce une petite atteinte du choléra, qui sévit toujours à Paris ?

12 août. -Il espère pouvoir aller se «  mettre au vert  » auprès d’Ernesta qui a fui le choléra et s’est réfugiée avec la Présidente et sa sœur, chez le peintre Boissard à Fontainebleau.

Vers le 20 août. -Il annnonce à son père qu’il est invité à Bilbao «  où se donne une course de taureaux de trois jours  ».

25 août. -Il passe à Irun.

30 juin. -Il quitte Bilbao le matin après avoir vu les courses, dont il rappelera le souvenir dans un article de La Pressedu 10 juillet 1853.

14 septembre. -Il est de retour à Paris après avoir fait un détour par les «  provinces basques  » (le pays basque espagnol).

Octobre. -Publication dans le Conseiller des enfants de L’Enfant aux souliers de pain qui fera partie des Romans et Contes en 1863.

15 octobre. - Marie Mattéi devient la maîtresse de Gautier.

15 décembre. - Publication de L’Ambassadrice, biographie de la comtesse Rossi (la cantatrice Mlle Sontag).

26 décembre. -Gautier demande à M. de Vatry d’intervenir en sa faveur en vue d’une place d’inspecteur des Beaux-Arts auprès de M. Barrot, le ministre de l’intérieur.

En 1849, Gautier a publié cinquante articles de critique dramatique, dix-sept de critique artistique et huit poèmes.

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Début janvier. -Gautier est «  pris d’un tel rhume qu’[il] éternue, tousse et crache en même temps. Triplicité phénoménale peu réjouissante (5) !  »

1er janvier. -Publication dans La Revue des Deux-Mondes du poème «  Quinze décembre  » («  Vieux de la vieille, quinze décembre  »). Offenbach fait connaître à Gautier le succès obtenu, lors de son concert du 29 décembre, par le boléro qu’il a écrit sur «  la Sérénade du torero  » ; il a été bissé ; Gautier n’en parlera pas -à cause du mauvais œil d’Offenbach ?

13 janvier. – Marie Mattei quitte Paris et écrit le lendemain de Lyon à Gautier : «  Il y aura demain trois mois, mon cher bien aimé que tu as fait luire le jour pour moi et éveillé mon âme qui dormait si cachettement…  »

29 janvier. - Ernesta débute au Théâtre-Italien dans La Dona del Lago de Rossini, et Le Courrier français en fait un bel éloge le 4 février, mais Gautier avait demandé à son confrère d’être «  bon  » pour Ernesta. Le compte rendu de Paul Meurice dansL’Evénement est plus nuancé.

Février. - Gautier s’engage auprès d’Arsène Houssaye, devenu administrateur du Théâtre de la Répubique (la Comédie française), à lui fournir une pièce qu’il ne donnera jamais.

15 février. -Publication dans L’Artiste du poème «  A une robe rose  », écrit pour Mme Sabatier ; il entrera dans Emaux et Camées en 1852.

Mi-mars. -Retour à Paris de Marie Mattei.

23 mars. -Publication du livret de Selam, scènes d’Orient, poésie descriptive sur un poème de Gautier et une musique d’Ernest Reyer.

3 avril. - Marie Mattei quitte Paris pour la «  campagne  » de son père à Marseille et va mal supporter l’éloignement. Elle lui rappelle leur première rencontre en Angleterre dans une lettre du 4 juin qui lui laisse bien entendre qu’elle en fut l’instigatrice6.

5 avril. - Première audition du Selam au Théâtre-Italien. Méry en fait le compe rendu dans La Presse du 8 avril, soulignant l’originalité de Reyer d’avoir voulu un vrai poète pour composer le livret, mais louant aussi les mérites du compositeur.

17 avril. -Seconde représentation du Selam et Gautier se contentera de parler du succès dans son feuilleton du 22. Représenté à Marseille, la ville natale de Reyer, en juin-juillet, Le Selam y fut très malmené.

21 juin. -Gautier annonce son arrivée à Régina Lhomme dont le fils allait être son filleul.

25 juin. -Baptême du fils de Régina, Théophile.

7 juillet. -Marie Mattei espère que Gautier lui fera savoir s’il part pour l’Italie et attend sa lettre : «  … je te réponds bien cette fois que je ne manquerai pas Venise que je rêve depuis si longtemps  ». Et le 15, elle précise : «  … J’y arriverai jusqu’à toi. Veux-tu du 15 au 20 août à Venise ?….  »

9 juillet. -Publication dans La Presse du premier feuilleton de Jean et Jeannette histoire rococo, elle se poursuivra les 11, 12, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 26 juillet. Ce récit fera partie d’Un Trio de romans en 1852.

17 juillet. -Gautier écrit à Ernesta qu’il travaille à Jean et Jeannette en cours de publication, mais qu’il espère partir «  vers le milieu de la semaine prochaine  » pour l’Italie avec Louis de Cormenin et peut-être le ménage Lhomme. Il est d’autre part objet de poursuites pour des affaires quelque peu ridicules de la part du lampiste du Théâtre-Italien et d’un marchand de boutons de guêtres.

1er juillet. -Le passeport de Gautier pour l’Italie lui est délivré.

2 juillet. -Il écrit encore à Buloz de Paris.

Début août. - Départ de Gautier pour l’Italie avec L. de Cormenin. Le ménage Lhomme les rejoindra un peu plus tard à Venise.

4 août. -Il passe par Genève.

7 et 8 août. Il passe passe le Simplon, Domodossola, Sesto Calende.

10 août. -Il arrive à Milan.

19 août. – Marie Mattei rejoint à Venise Gautier et Cormenin qui logent «  à l’angle du Campo San-Mosé, chez le signor Tramontini, dans le logement laissé vacant par un prince russe.  » Marie Mattei reste à Venise jusqu’au 5 septembre. Gautier et Cormenin restèrent, selon Gautier, environ six semaines, au cours desquelles il connaît un bonheur presque complet, mais il doit en même temps écrire, pour des raisons financières, le récit de son voyage et de son séjour pour La Presse, feuilletons qui paraîtront pendant ce séjour même.

24 septembre. -Début de la publication dans La Presse de Loin de Paris, notes de voyage (Italia) qui se poursuivra les 24, 25, 26, 27, 28 septembre, 2, 3, 4, 8, 9, 11 et 15 octobre ; le récit se termine à Venise. Il évoquera cependant le séjour à Florence dans un des chapitres de Quand on voyage. Ces feuilletons paraîtront en volume en 1852 sous le titre Italia, qui deviendra Voyage en Italie en 1875.

Entre le 22 et le 26 septembre. -Départ pour Florence, où Gautier et Cormenin séjournent entre le 25 (?) et le 30.

29 ou 30 septembre. -Ils visitent Pise et le Campo Santo.

1er octobre. -Ils quittent Florence pour Rome où Marie Mattei renonce à venir les retrouver. Il semble que Rome n’ait pas plu à Gautier, à en croire une lettre postérieure de Marie Mattei du 24 novembre 1852 ; peut-être était-ce à cause de son absence.

22 octobre. - Ils quittent Rome pour Naples.

23 ou 24 octobre. - Ils arrivent à Naples. Ils visitent Pompéi, Herculanum et Sorente.

4 novembre. - Gautier est expulsé du royaume de Naples, considéré, dit une note de police, comme «  un Français très exalté du parti rouge  ». Il embarque sur le «  Lombardo  », fait escale à Civitavecchia, Livourne et Gênes.

8 novembre. - Il arrive à Marseille avec Cormenin. Ils y retrouvent Marie Mattei, avec laquelle ils circulèrent dans la région, passant à Arles, à Montpellier.

17 (?) novembre. Gautier et Marie Mattei se séparent à Avignon.

19 novembre. - Gautier et Cormenin arrivent à Paris.

15 décembre. -Traité avec Delavigne où Gautier lui cède le droit de publier un ensemble de ses romans et nouvelles en compensation de deux mille francs déjà reçus ; il est question à nouveau du Vieux de la montagne pour lequel Gautier, ne l’ayant pas livré, s’engage à payer cinq cents francs de dédit.

En 1850, Gautier a publié trente-six articles de critique dramatique et six de critique artistique, deux de variétés et deux poèmes.

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15 janvier. -Première représentation du ballet Paquerette à l’Opéra, livret de Gautier et Saint-Léon, musique de M. Benoist. Le ballet eut peu de succès malgré un accueil favorable de la critique, et la grâce de la danseuse Fanny Cerrito. Le livret est publié le 25 janvier et entrera dans le Théâtre en 1872.

24 janvier. -Le caissier de La Presse avance à Gautier le paiement du Salon à condition qu’il fournisse au plus tôt les treize feuilletons qui terminent le Voyage en Italie. Il fait le compte de ce que Gautier a touché de La Presse depuis ses débuts :100.336,97 francs.

5-6 février.-Debut du Salon de 1850-1851 ; il comptera vingt-trois articles et la pubication s’en terminera les 6-7 mai.

Mi-avril. -Marie Mattei vient à Paris, où elle restera jusqu’au 2 août, un séjour qui n’est pas très heureux : Gautier est pris par son travail, Ernesta est là, les rendez-vous sont difficiles, elle s’ennuie parfois, elle trouve que Gautier n’est pas «  tendre  » ; c’est le début d’une détérioration de la passion.

23 juin. -Traité avec Lecou pour la publication du Voyage de Paris à Venise.

Juillet. -Gautier a passé quelques jours à l’Abbaye de l’Eau, près de Chartres, chez les Lhomme.

4 août. -Publication dans La Presse de Poésies à Maxime Du Camp I «  Nostalgies« , II, «  Coquetterie posthume  » ; III «  Etude de mains  » ; I «  Impéria  » ; II «  Lacenaire  ». Ces poésies entreront dans Emaux et Camées en 1852.

11 août. -Délivrance à Gautier d’un passeport pour se rendre à l’exposition de Londres, sans doute à la demande de Mme de Girardin et, d’après son feuilleton du 18, il serait parti le soir même pour Londres. Il rentrera à Paris vers le 25. Il rendra compte de cette exposition de Londres sur l’Orient dans ses feuilletons de La Presse des 18 et 25 août, 5, 7 et 11 septembre ; les articles de septembre parus dans La Presse sous le titre «  Le Palais de cristal : les Barbares  », paraîtront dans Caprices et zigzags en 1852, sous le titre «  L’Inde  » et seront repris en 1877 dans la tome 1erde L’Orient.

15 septembre. -Gautier devient co-propriétaire de la nouvelle Revue de Paris, dont le titre est propriété d’Arsène Houssaye, avec Maxime Du Camp et Louis de Cormenin.

29 septembre. D’après La Presse, Gautier est à nouveau emprisonné par la Garde Nationale.

4 octobre. -Baptême des deux filles de Gautier : les parrain et marraine de Judith sont M. Du Camp et Carlota Grisi, ceux d’Estelle L. de Cormenin et Alice Ozy.

Novembre. -Courte liaison avec l’actrice Anaïs.

1er novembre. -Publication dans La Revue de Paris de Les Aïssaoua, ou les Khouan de Sidi-Mahammet-ben-Aïssa : scène d’Afrique.

21 novembre. -Traité avec Lecou pour la publication d’un volume contenant des romans, nouvelles, etc… de Gautier déjà publiés.

Avant le coup d’état du 2 décembre. – Adèle Hugo demande à Gautier des conseils pour écrire un portrait de Mme de Girardin.

20-21 décembre. -Publication dans Le Pays de Paris futur, repris en 1852 dans Caprices et Zigzags.

27 décembre. - Première au théâtre des Variétés de La Négresse et le pacha, parade en un acte de Ali-Biblot-ben-Salmigondis (Gautier et Charles de la Rounat). Cette parade fut écrite pour Maria Martinez, dite «  la Malibran noire  », Gautier n’en ayant sans doute écrit que le «  Couplet d’annonce au public  » et le «  Couplet final  » (7). Gautier en rendra compte dans le feuilleton de La Presse du 30 décembre. La critique fut partagée et sur l’intérêt de la parade et sur la qualité de la voix de Maria Martinez.

En 1851, Gautier a publié quaante-neuf articles de critique dramatique et vingt-neuf de critique artistique, seize de voyage, cinq de variétés et neuf poèmes.

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris de «  Coerulei oculi  », «  Modes et chiffons  » et «  Diamant du cœur  », qui entreront cette année dans Emaux et Camées. Ernesta Grisi arrive à Constantinople où elle va tenter sa chance.

11 janvier. -Publication dans Le Pays de la suite du Voyage en Italie : Loin de Paris : notes de voyage, qui se continuera les 28 janvier, 13 février et 13 mars. L’ensemble de ces feuilletons, avec ceux de La Presse composeront en 1875 le Voyage en Italie.

18 janvier. - Marie Mattei arrive à Paris ; elle y restera jusqu’à fin mars. Penant ce séjour, elle présente son père à Gautier, mais la présence du père ne facilite pas les rencontres et leur liaison continue à s’entourer de mystère.

28 janvier. - Publication dans Le Pays de Loin de Paris Notes de voyage, Florence ; elle se poursuivra les 13 février et 13 mars. C’est le dernier chapitre rédigé sur le voyage en Italie ; il paraîtra dans Quand on voyage en 1865, et se trouvera être le dernier chapitre du livre en 1875.

1er mars. - Publication dans La Revue de Paris d’Arria Marcella, souvenir de Pompéi, qui entrera en 1863 dans les Romans et Contes.

19 mars. - Ernesta, en procès avec son impresario à Constantinople n’est pas payée ; Gautier emprunte cinq cents francs à Maxime Du Camp et les lui envoie ; très touché de la «  grâce  » avec laquelle Du Camp a accompli ce geste, il l’en remercie en disant qu’il a mis le billet qui accompagnait l’argent «  dans mon coffre en laque, comme une lettre d’amour, au tiroir des Italiennes, avec Carlotta, Ernesta et la Mattei, c’est-à-dire ce que j’ai le plus aimé et que j’aime le mieux. Tu es le seul homme dans la boite sacrée  » (8).

11-14 avril. -Publication dans La Presse de Pierre Corneille, pour l’annniversaire de sa naissance, le 6 juin 1851,repris dans le Théâtre de poche en 1855, puis dans les Poésies nouvelles en 1863 et 1866, enfin dans le Théâtre en 1872.

4 mai. - Début du Salon dans La Presse. Il se poursuivra les 5, 7, 11, 12, 13, 14, 25, 26 et 27 mai, 2 , 3, 4, 6, 8 et 10 juin.

8 mai. -Publication de la notice Les Noces de Cana, de Paul Véronèse ; gravure au burin par M. Z. Prévost, elle sera jointe en 1883 aux Souvenirs de théâtre, d’art et de critique.

15 mai. - Publication d’Italia chez Lecou.

1er juin. -Publication de «  Tristesse en mer  » dans La Revue de Paris, repris dans Emaux et Camées le mois suivant.

4 juin. -Marie Mattei vient retrouver Gautier à Paris avant qu’il ne parte pour Constantinople.

9 juin. -Départ de Gautier pour Constantinople. Il ne cessera tout au long du voyage de penser à Marie Mattei : ses lettres à Cormenin révèlent sa tristesse, sa nostalgie et son amour.

11 juin. -Gautier embarque à Marseille à bord du Léonidas.

14 et 15 juin.- Il est à Malte, où il visite La Valette. Il avait pour le gouverneur de l’ile, une recommandation de Lamartine.

18 juin. -Il est à Syra.

20 juin. - Il est à Smyrne, dont il visite les environs.

22 juin. -Il arrive à Constantinople. Pendant le voyage, il a écrit le poème «  Inès de las Sierras  » qui va paraître dans Emaux et Camées, et il a commencé un autre poème «  Les Néréides  ».

17 juillet. -Publication chez E. Didier d’Emaux et Camées. Le recueil connaîtra cinq éditions (1853, 1858, 1863, 1866 et 1872), chacune contenant des pièces nouvelles. L’accueil de la critique est dans l’ensemble favorable. Paul de Saint-Victor en fait un compte rendu dithyrambique, «  écrit, dit-il, avec une verve enthousiaste (9).

22 juillet-28 août. -Séjour à Constantinople, ce ne fut pas un séjour heureux. Déception du voyageur : il n’y a pas assez à voir, connaître les habitants est impossible ; il manque d’argent et il doit travailler d’arrache-pied aux feuilletons ; enfin il a des soucis familiaux : mauvaise santé et échec de la saison d’Ernesta (10).

28 août.-Gautier quitte Constantinople avec Ernesta. Il passe par Syra.

1er septembre. -Athènes, où ils restent quatre jours , Gautier visitant essentiellement l’Acropole. «  Athènes m’a transporté. A côté du Parthénon, tout semble barbare et grossier  » (11).

14 septembre. -Par le golfe de Corinthe, Corfou et Trieste, ils arrivent à Venise, où ils sont reçus par Oscar Marinitsch, un ami de Maxime Du Camp et de Flaubert, qui, à Constantinople, avait servi de guide à Gautier «  le guide le plus intelligent, le plus actif et le plus agréablee possible  ». Là Gautier attend l’argent du retour.

24 septembre. -Il quitte Venise, non sans avoir pensé avec nostalgie au passé : «  Je loge à deux pas de ce Campo San Mosé où j’ai passé avec toi et la Signora le plus beau mois de ma vie  » (12).

1er octobre. -Début dans La Presse de la publication de son récit de voyage De Paris à Constantinople, promenade d’été, qui se continue les 2, 5, 6 et 8 octobre.

4 octobre. -Gautier, Ernesta et Estelle sont à Paris.

18 octobre. -Début de son feuilleton de La Presse : Retour de Constantinople -Remerciements à L. de Cormenin (qui a assuré le feuilleton dramatique en l’absence de Gautier). Le Franc et le Hammal, pantomime turque à Moda-Bournu concerne le voyage.

20 octobre. -Publication dans Le Moniteur universel de Excursion en Grèce, qui se poursuivra les 21 et 27 octobre, trois feuilletons destinés à un Voyage en Grèce qui ne sera jamais publié.

23 octobre. -Publication de La Peau de tigre, chez Souverain.

28 octobre. -Gautier va être poursuivi pour dette, n’étant pas allé voir son créancier pour traiter l’affaire à l’amiable.

1er novembre. -Publication dans La Revue de Paris de La Danse de Djinns, scène d’Afrique, qui sera repris dans Loin de Paris en 1865.

13 novembre. -Publication d’Un Trio de romans comprenant Les Roués innocents, Militona et Jean et Jeannette.

8 décembre. -Marie Mattei met fin à sa liaison avec Gautier : «  … un mot seul pour vous dire que vous avez écrit le mot fin sur mon corps la veille de votre départ pour l’Orient  » (12). Ce n’était que l’aboutissement d’une prise de conscience qui remontait à plus loin. Elle ne pouvait supporter ni les mystères ni le partage (13). A Naples, en novembre, le père Ange l’avait consolée et lui avait montré le ciel ; dans sa lettre du 8 décembre, elle écrit à Gautier : «  Il fallait bien revenir à Dieu complètement. Notre liaison a retardé de trois ans cette conclusion…  » , mais elle ajoute aussi qu’elle n’est plus jeune et ne veut pas être ridicule. Gautier ne sera plus pour elle qu’un ami, même s’ils se revoient à Paris pendant le séjour de Marie Mattei de mars à août 1853, pendant celui de 1854, puis en 1863 et peut-être à Venise en 1868 ; il recevra d’elle une dernière lettre au début de 1870, qu’elle termine ainsi : «  En attendant, recevez mes voeux tout au moins pareils à ceux que nous échangeâmes le 1er janvier 1850, et croyez-moi bien sincèrement votre affectionnée Mattei  ».

Décembre. -Vaines démarches pour obtenir de succéder à Pierre Félix Cottreau comme inspecteur des Beaux-Arts. Court voyage à Bordeaux pour visiter, entre deux feuilletons, l’exposition organisée par la Société des Beaux-Arts de Bordeaux.

En 1852, Gautier a publié trente-cinq articles de critique dramatique, seize de critique artistique, quatre de variétés, onze de voyage et trois poèmes.

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris du poème «  Les Accroche-coeurs  », qui paraîtront dans la deuxième édition d’Emaux et Camées cette année.

15 janvier. -Compte rendu dans La Presse de «  L’Exposition de 1852  » de la Société des Amis des Arts de Bordeaux.

24 janvier. -Gautier est invité «  à la fête que leurs Majestés l’Empereur et l’Impératrice ont bien voulu accepter du Sénat.  »

29 janvier. -Publication de Les Peintres vivants, recueil collectif de gravures, eaux-fortes, lithographies de peintres contemporains, où se rencontrent quelques extraits de Salons de Gautier.

5 février. -Deuxième édition d’Emaux et Camées, augmentée de deux pièces : «  Les Accroche-coeurs  » et «  Les Néréides  ».

Début mars. -Marie Mattei arrive à Paris.

18 mars. -Traité avec l’éditeur Michel Lévy : Gautier lui vend pour six ans, au prix de mille francs, deux volumes «  qui comprendont ses impressions de voyage en Turquie, en Grèce et en Afrique.  ». Dans un second traité, Gautier vend à Michel Lévy, au prix de 1100 francs, deux volumes intitulés Les Grotesques.

15-16 avril. -Reprise dans La Presse de ses impressions de voyage en Orient : Constantinople ; la publication se poursuivra les 21, 22, 23, 27, 28, 29 et 30 avril, 20, 21, 22, 23, 24 et 25 septembre, 28, 29 et 30 octobre, 1er et 2-3 novembre.

Annonce de Salmigondis de nouvelles, ouvrage collectif auquel participe Gautier.

24 mai. -Représentation à bénéfice pour Maria Martinez, la Malibran noire, que Gautier a, non sans difficultés, organisée et au cours de laquelle Ernesta a chanté un air de L’Italienne à Alger.

24 juin. Début des comptes rendus du Salon de 1853. Ils s’échelonneront sur un mois : 25, 28, 29 et 30 juin, 1er, 2, 6, 9, 20, 21, 22, 23 et 25 juillet.

22 juillet. -Audience du Tribunal de la Seine pour l’affaire opposant La Revue des Deux-Mondes à La Presse, au sujet de l’opposition pratiquée auprès de La Presse par Buloz, créancier de Gautier. Le procès n’eut pas de suite, le financier Morès ayant fait désintéresser La Revue des Deux-Mondes, mais celle-ci restera hostile à Gautier jusqu’en 1870.

4 août.-Marie Mattei est à Bade et s’excuse auprès de Gautier de l’avoir dérangé la veille de son départ de Paris.

6 août. -Publication des Grotesques chez Michel Lévy.

20 août. -Publication des Roués innnocents à la Librairie Nouvelle.

25 août. -Gautier est à Bayonne et a assisté aux courses de taureaux à Saint-Esprit. Il est présenté à Ucharès «  le plus célèbre torero d’Espagne  », qui lui remet «  une superbe devise qu’il a arrachée lui-même àun taureau  » (14). Ernesta l’accompagnait et a donné deux concerts très applaudis.

28 août. -Gautier quitte Bayonne.

29 août. -Il est à Paris.

1er septembre. -Traité entre Gautier et Brandus, le plus célèbre éditeur musical de l’époque, traité par lequel Gautier s’engage à fournir la traduction en vers français de Struensée, drame allemand de Michel Beer, frère de Meyebeer, pour une musique de ce dernier. Meyerbeer avait fait remettre à Gautier la partition de piano, afin qu’il pût y adapter les paroles , mais Gautier ne réalisa de cet ouvrage qu’un Prologue, publié dans son Théâtre en 1872.

3 septembre. -Gautier est revenu de Bayonne.

20 novembre. -Ernesta loue un appartement 24, rue Grange-Batelière, où Gautier s’installe également.

Au cours de cet automne, Gautier a une courte liaison avec Adeline Sabatier, dite «  Bébé  », la sœur de la Présidente.

14 décembre. -La Presse annonce Le Jettatore, dont il est déjà question dans une lettre.

31 décembre. -Publication de Constantinople chez Michel Lévy.

En 1853, Gautier a publié quarante-six articles de critique dramatique, dix-sept de critique artistique, deux de critique littéraire, un de variétés et deux poèmes.

Il écrit aussi sans doute, pendant cette année-là, le ballet-pantomime La Statue amoureuse, qui ne fut ni représenté ni publié. Emile Bergerat en donnera le livret dans son Théophile Gautier.

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1er janvier. -Publication dans La Revue de Paris de «  Lied  », qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées en 1858.

1er février. -Publication dans La Revue de Paris de «  Fantaisie d’hiver  », qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

11 février. -Maurice Sand invite Gautier à une représentation de sa troupe de marionnettes.

7 mars. -Mariage de Louis de Cormenin, auquel assiste toute la famille de Gautier, dont Estelle, sa filleule.

1er avril. -Publication dans La Revue de Paris de «  Odelette anacréontique  », qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

12 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de Excursion en Grèce : le Pathénon. Cette publication se poursuivra les 29 avril (Le Temple de la Victoire Aptère) et 6 mai (L’Erechteum, le temple de Minerve, le Pandrosium). Ces articles devaient constituer, avec ceux parus en 1852, le Voyage en Grèce, qui ne fut jamais achevé ; l’ensemble entrera sous le titre En Grècedans Loin de Paris, en 1865.

22 avril. -Traité entre Gautier et les frères Olonna, «  auteurs dramatiques et directeurs de théâtre en Espagne  », par lequel Gautier leur concède «  le droit exclusif de traduire, arranger, imprimer et faire représenter, dans toutes les villes de l’Espagne et ses possessions, toutes les pièces dramatiques que le dit fera représenter dès aujourd’hui sur les théâtres de France…  »

31 mai. -Première à l’Opéra de Gemma, ballet sur un livret de Gautier, musique du comte N. Gabrielli, chorégraphie de F. Cerrito. La critique fut dans l’ensemble sévère et le ballet connut en définitive un échec.

10 juin. Publication du livret de Gemma chez Michel Lévy ; il entrera dans le Théâtre en 1872.

6 juillet. -Gautier part pour Munich avec une avance de deux cents francs de La Presse, «  afin, lui écrit Girardin, de vous engager à profiter de votre séjour à Munich pour nous envoyer sur l’exposition de l’industrie et sur les galeries autant d’articles que vous voudrez, je les ferai passer tous……..  » (15). Il restera à Munich du 10 au 22 juillet, et, dès le 11, il commence à écrire ses feuilletons de critique pour La Presse et de critique d’art pour Le Moniteur universel.

18 juillet. -Debut de ses feuilletons sur l’Allemagne dans La Presse : «  Théâtre royal de Munich : I Antigone. La Fiancée de Messine.

22 juillet. -Il quitte Munich.

23 juillet. -Il est à Nuremberg, «  la ville des joujoux et des clochers pointus  ».

25 juillet. -Dans La Presse Théâtre royal de Munich : II. Nathan-le-Sage ; Emile Galotti de Lessing ; le Prophère,de Meyerbeer.

1er août. -Gautier quitte Nuremberg.

1er au 3 août. -Gautier et à Dresde, et son hôtelier lui prête de quoi se rendre à Francfort

. 3 août. -Dans La Presse :Théâtre royal de Munich : III. Faust, de Goethe.

5 août. -Il quitte Francfort.

7 août. -Il est de retour à Paris.

10 et 11 août. -Dans Le Moniteur universel : Ecole moderne allemande : I. P. de Cornelius ; II. Cornélius ; la Glyptothèque ; la Pinacothèque.

15 août. -Dans La Presse : Théâtre royal de Munich : Egmont, de Goethe.

22 août. -Mort de son père, Pierre Gautier. Il reçoit des témoignages d’amitié : Du Camp, Emile et Delphine de Girardin, Michel Lévy, Chassériau….

29 août. -Dans La Presse : Munich.

6 et 13 septembre. -Dans Le Moniteur universel : Ecole moderne allemande : la nouvelle Pinacothèque. Tous les articles consacrés à Munich ont été rassemblés dans L’Art moderne en 1856.

22 septembre. -Traité avec Jacottet, Bourdilliat et Cie pour l’édition d’un ouvrage intitulé Théâtre bleu, qui paraîtra le 17 février 1855 sous le titre : Théâtre de poche.

23 septembre. -Gautier part avec Ernesta qui va donner un concert à Saint-Etienne le 29 ? Il rentre à Paris le 30.

7 octobre. -Gautier écrit à Arsène Houssaye : «  Je travaille comme un bœuf et je serai en mesure de te livrer un acte entièrement versifié et rimé avec soin à la fin du mois.  » Il s’agit de la pièce que Gautier s’était engagé à donner au Théâtre-Français en février 1850 et à laquelle il s’était remis à travailler lorsque le romancier et dramaturge Mario Uchard lui proposa un nouveau plan de pièce où serait utilisé ce qui était déjà écrit. Cette pièce, qui devait s’appeler d’abord La Perle du Rialtoprit successivement plusieurs titres pour finir par celui de L’Amour souffle où il veut. Gautier remania le premier actee, écrivit une partie du second, et s’arrêta là. Une version primitive du premier acte parut dans les Poésies complètes en 1878, sous le titre de Perle du Rialto, et la version définitive de L’Amour souffle où il veut a été publiée dans l’édition du Théâtre de 1872.

Octobre. -Auguste de Châtillon presse Gautier de lui envoyer la préface qu’il doit mettre à son volume Chant et poésie, prêt à paraître : selon Gaulier, rédacteur du Rappel, l’initiative serait venue de Nerval qui aurait montré les vers de Châtillon à Gautier : «  Gautier a fait sa préface en cinq minutes au crayon tandis qu’on attendait pour tirer l’ouvrage  » (17).

9 décembre. -Préface de Gautier à La Turquie pittoresque de William A. Duckett ; elle sera reprise dans L’Orient, tome I, en 1877.

26 décembre. -Maxime Du Camp rappelle à Gautier qu’il s’est engagé à donner à La Revue de Paris Le Capitaine Fracasse ; il en a remis «  trois feuilles  » «  il y a un an  », et a reçu 1100 francs : «  Tu as des épreuves, l’imprimerie a la composition, et nous attendons toujours  » (18).

En 1854, Gautier a publié quarante-six articles de critique dramatique, seize de critique artistique, dix de critique littéraire et trois poèmes.

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30 janvier. -Gautier assiste aux obsèques de Gérard de Nerval qui s’est pendu le 26, rue de la Vieille-Lanterne. Le même jour paraît dans La Presse, datée du 27, son article nécrologique repris dans Histoire du romantismeGérard de Nerval, chapitre II.

31 janvier. - Gautier demande de laisser «  à des amitiés jalouses la triste joie d’élever et payer sa pierre  » (19).

1er février. -Traité vec Hachette pour la réimpression de Militona.

24 février. -Publication de La Croix de Berny roman steeple-chase, en collaboration avec Charles de Launay, Jules Méry et Jules Sandeau., à la Librairie Nouvelle.

24 mars. - Publication de Militona, chez Hachette.

Fin mars. - «  A Madeleine Brohan, quatrain  », dans le Décaméron dramatique, album du théâtre français, album de musique d’Offenbach ; le quatrain de Gautier a été inséré dans ses Poésies omplètes en 1876.

29 mars. -Exposition universselle de 1855 : Peinture dans Le Moniteur unniversel ; les comptes rendus se poursuivront les 19,21, 23, 25 et 31 mai, 2, 4, 8, 11, 14, 16, 18, 21, 25, 28 et 30 juin, 6, 12, 14, 19 et 25 juillet, 4, 9, 11, 13, 18, 20, 23 et 25 août, 6, 8, 10, 13, 20, 22, 24 et 29 septembre, 6, 11 , 13, 18, 20, 22,27 et 29 octobre, 2, 3, 9, 15, 17, 19, 23 et 29 novembre, 1er, 3, 8, 15, 17, 20, 22, 26, 27 et 29 décembre. L’ensemble de ces articles sera réuni dns le second tome des Beaux-Arts en Europe, qui paraîtra le 17 février 1856.

30 mars. -Traité avec Hetzel et Lebègue pour la publication de L’Art et le théâtre en France depuis vingt ans, qui paraîtra sous le titre Histoire de l’art dramatique en France en 1858-1859.

2 avril. -Emile de Girardin s’étonne que Gautier ne soit pas venu le prévenir qu’il quittait La Presse pour Le Moniteur universel et lui souhaite qu’il trouve au Moniteur «  pendant dix-neuf ans  (le temps qu’il a passé à La Presse) des rapports d’amitié aussi constamment dévoués  ». Gautier était mieux payé au Moniteur et avait en Julien Turgan, l’un des directeurs, un bon ami.

4 avril. -Dernier article de Gautier à La Presse.

9-10 avril. -Premier article de critique dramatique au Moniteur universel.

16 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de l’article «  Les Embellissements de Paris  », qui «  le pose, dira Maxime du Camp, comme très bonapartiste  » (20).

20 avril. -Lettre de Maxime Du Camp à Gautier : il se demande si sa collaboration à La Revue de Paris peut se poursuivre, maintenant que Gautier collabore à un journal officiel ; il estime «  une anomalie singulière  » le fait que la signature de Gautier paraisse dans deux publications de tendances politiques si opposées ; il lui demande de fournir la suite du Capitaine Fracasse.

28 avril. -Publication de Paris démoli d’Edouard Fournier, préface de Gautier. Publication de Le Rêve et la vie de Nerval, notice de Gautier.

12 mai. -Delacroix a invité à dîner « Gautier et les aimables hommes qui m’ont été agréables pour mon exposition  » (Journal).Gautier consacrera ses deux articles des 19 et 23 juillet à l’Exposition de Delacroix.

14 mai. -Traité avec Hachette pour la réimpression d’Italia et de Caprices et zigzags, publiés chez Lecou en 1852.

19 mai. -Publication des Poésies complètes chez Charpentier.

2 juillet. -Article nécrologique dans Le Moniteur universel sur Mme de Girardin, morte le 29 juin.

31 juillet. -Traité avec Michel Lévy pour la publication de deux volumes, l’un contenant «  divers articles de revues et journaux  » et qui constituera L’Art moderne, publié en juin 1856, l’autre constitué du Salon de 1855 et qui sera le tome II desbeaux-Arts en Europe.

11 décembre. -Publication dans Le Moniteur universel de l’article «  Achèvement du Louvre  » écrit à la demande du ministre de la Maison de l’Empereur (21).

24 décembre. -Gautier pose sa candidature à l’Académie pour le fauteuil de de Lacretelle. Il n’obtiendra qu’une voix le 10 avril 1856.

29 décembre. -Participation à l’ouvrage collectif Paris et les Parisiens au XIXème siècle, moeurs, arts et monuments.Deux articles de Gautier des 19 août 1854 et 2 août 1855 du Moniteur universel sont incomplètement reproduits sous le titre Le Louvre.

En 1855, Gautier a publié quarante-sept articles de critique dramatique, trois de critique littéraire, trois de critique artistique, plus cinquante-quatre sur le Salon, deux de variétés et dix poèmes.

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2 février. -Quatrième édition des Nouvelles chez Charpentier.

16 février. -Publication des Beaux-Arts en Europe, 2e série, chez Michel Lévy.

25 février. Dans Le Moniteur universel, article nécrologique sur Henri Heine.

29 février. -Début de la publication d’Avatar dans Le Moniteur universel ; la publication se poursuivra les 1er, 5, 7, 12, 13, 14, 15, 27, 28 et 29 mars, et le 3 avril. Il sera publié en volume en 1857 et entrera dans les Romans et Contesen 1863.

8 mars. - » Avant Propos  » de Gautier au Catalogue de la précieuse réunion de tableaux de l’école française, provenant du cabinet de M. Baroilhet.

10 mars. -A propos de la reprise d’Henri III et sa cour d’Alexandre Dumas, Gautier rappelle «  l’heureuse époque  » des premières représentations et les passions qu’elles avaient suscitées.

31 mars. Nouvelle édition des Reisebilder de Heine, avec une «  Etude sur Henri Heine  » de Gautier, dans laquelle il fait entrer son article nécrologique du 25 février.

1er avril. Traité avec Hetzel pour la publication d’Avatar.

17 avril. -Publication dans Le Moniteur universel de «  Nativité, poème sur la naissance du prince impérial  ».

10 mai. - 2ème édition de Caprices et zigzags chez Hachette. Publication de la Nouvelle galerie des artistes dramatiques vivants, ouvrage auquel Gautier a collaboré.

15 mai. -Gautier est nommé membre de la Commission chargée de décerner les primes aux meilleurs ourages représentés en 1856 ; avec lui, Mérimée, Sainte-Beuve, Scribe, Lebrun, Nisard, H. Rolle, Ed. Thierry et C. Doucet.

14 juin. - Publication de L’Art moderne chez Michel Lévy.

21 juin. -Annonce du Baptême du prince impérial chez Gleinarec, accompagné du poème «  Nativité  » et de sa traduction allemande, qui avait paru le 3 mai.

25 juin. - Début de la publication dans Le Moniteur universel de Paul d’Aspremont (Jettatura), conte ; elle se pouruivra les 26, 27, 28 et 29 juin, 5, 9, 10, 11, 16, 17, 18, 19, 20 et 23 juillet. Publication en 1857 sous le titre Jettatura, entré dans lesRomans et Contes en 1863.

6 juillet. -Publication dans L’Artiste de «  L’Aveugle  », qui entrera dans la troisième édition d’Emaux et Camées en 1858.

2 août. -Publication des Contes bizarres d’Achim von Arnim, avec une introduction de Gautier.

5 septembre. -Début des comptes rendus dans Le Moniteur universel de «  L’Ecole des Beaux-Arts : Concours pour le grand prix de Rome : sculpture  » ; suivront le 12 «  Gravure  », le 19 «  Architecture  », le 28 «  Peinture historique  », le 4 octobre «  Exposition des grands prix ; Envois de l’Ecole de Rome  ».

20 septembre. -Gautier est à Bayonne et il va assister aux courses de taureaux de Saint-Esprit.

27 et 29 septembre. -Deux articles dans Le Moniteur universel sur «  Les Courses de taureaux à saint-Esprit  ». Ils seront repris dans Quand on voyage en 1865. Gautier en profite pour faire une excursion en Espagne. Il revoit l’église d’Urugne et la devise de son horloge ; «  Vulnerant omnes, ultima necat  » qui fait se lever de mélancoliques souvenirs du premier voyage en Espagne ; il va ensuite à Saint-Jean-de-Luz, Béhobie, descend la Bidassoa en barque jusqu’à Fontarabie, « une ville morte  », mais qui reste pittoresque. Il va ensuite jusqu’à Irun et revient à Bayonne.

28 septembre. -Sa tante Mion, d’Avignon, lui envoie un saucisson de Bologne.

13 octobre. -Compte rendu dans Le Moniteur universel de l’ouvrage d’Ernest Feydeau Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens, article repris en 1876 dans le tome II de L’Orient.

Novembre. Ernesta est à Nice pour une saison de concerts avec la pianiste Virginie Huet. Elle y restera jusqu’en avril 1857.

1er novembre. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin, revue et corrigée, chez Charpentier.

29 novembre. - Nouvelle édition des Grotesques chez Charpentier.

1er décembre. Début de sa fonction de rédacteur en chef de L’Artiste qu’il remplira jusqu’en février 1859.

14 décembre. -Publication dans L’Artiste d’une «  Introduction  ».

21 décembre. -Publication dans L’Artiste d’un article sur «  Gustave Doré  ».

28 décembre. -Publication dans L’Artiste d’un article sur «  Gérôme  ».

En 1856, Gautier a publié quarante-sept articles de critique dramatique, quinze de critique artistique, trois de critique littéraire, trois de variétés et un poème.

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3 janvier. -Les Goncourt voient Gautier à L’Artiste : «  Au bureau de L’Artiste, Théophile Gautier, face lourde, les traits tombés dans l’empâtement des lignes, une lassitude de la face, un sommeil de la physionomie, avec comme des intermittances de compréhension d’un sourd, et des hallucinations de l’ouïe qui lui font éouter par derrière, quand on lui parle de face. Il répète et rebâche amoureusement cette phrase : De la forme naît l’idée, une phrase que lui a dite, ce matin, Flaubert, et qu’il regarde comme la formule suprême de l’école, et qu’il veut qu’on grave sur les murs  » (22).

11 janvier. -Article sur «  Gavarni  » dans L’Artiste ; il sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

17 février. -Gautier emprunte à l’Odéon un costume pour un bal : il sera Agamemnon.

11 mars. -Début de la publication dans Le Moniteur universel du Roman de la momie ; elle se poursuivra les 12, 13, 14, 18, 19, 20, 26, 27, 28 et 30 mmars, 2, 3, 8, 15, 17, 23, 24, 29 et 30 avril et 6 mai. Il sera publié chez Hachette en 1858.

19 mars. Gautier assiste à un bal déguisé en Turc. Il devait mettre ce costume de temps à autre : le 28 septembre, Eugénie Fort note dans son journal : «  T(héophile) G(autier) (..) a endossé son costume turc et a fumé sans cesse jusqu’à onze heures et demie.  »

Avril. -Gautier et sa famille quittent Paris, poussés par les deux directeurs du Moniteur, Paul Dalloz et Julien Turgan, qui le souhaitaient comme voisin et ils s’installent à Neuilly, 32 rue de Longchamp. Judith Gautier a décrit , dans Le second rang du collier, la maison, et raconté leur installation. Gautier garde un petit pied-à-terre à Paris, 35, rue de Gramont, pour y coucher les soirs où le théâtre le retient tard ; il le quittera en 1858.

5 avril. -Publication dans L’Artiste d’un article sur «  La Galerie du XIXème siècle : Ingres  », qui sera repris en 1874 dans lesPortraits contemporains.

3 mai. -Pubication dans L’Artiste  » de «  Exposition des oeuvres de Paul Delaroche au palais des Beaux-Arts  », repris dans lesPortraits contemporains en 1874.

4 mai. -Gautier assiste aux obsèques d’Alfred de Musset.

10 mai. Publication dans L’Artiste de «  Galerie du XIXème siècle : Madame Emile de Girardin  », repris en 1875 Portraits et souvenirs littéraires.

12 mai. -Nouveau jugement des Goncourt sur Gautier, plus nuancé : «  Théophile Gautier ce styliste à l’habit rouge pour le bourgeois, apporte dans les choses littéraires le plus étonnant bon sens, et le jugement le plus sain, et la plus terrible lucidité jaillissant en petites phrases toutes simples, d’une voix qui est comme une caresse. Cet homme, au premier abord un peu fermé, ou plutôt comme enseveli au fond de lui-même, a un grand charme, et devient avec le temps sympathique au plus haut degré.  » (23).

16 mai. - Publication d’Avatar chez Michel Lévy, et d’une nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

30 mai. -Flaubert invite Gautier à Croisset, avec Ernet Feydeau et Paul de Saint-Victor.

6 juin. -Publication de Jettatura chez Michel Lévy.

6-15 juin. -Gautier est à Croisset chez Flaubert.

14 juin. Début des comptes rendus du Ssalon. Ils se poursuivront les 21 et 28 juin, 5, 12, 19 et 26 juillet, 2, 9, 16, 23 et 30 août, 6, 13 et 20 septembre, 4 et 25 octobre, 1er, 8, 15 et 22 novembre. Gautier écrivait à Poulet-Malassis le 17 juin : «  Le Salon m’occupe tellement que je ne sais plus où donner de la tête.  » -il lui envoyait avec retard le traité concernant la nouvelle édition d’Emaux et Camées et des pièces de vers à y ajouter. (24)

25 ? juin. -Marix a dîné chez les Gautier. Marix était un modèle qui, toute jeune, à quinze ans, en 1837, devint la maîtresse du peintre Boissard et était en consquence bien connue des milieux familiers de l’hôtel Pimodan ; elle posa pour Ary Scheffer, pour Paul Delaroche, et naurellement pour Boissard ; elle était fort belle et en 1843, le sculpteur Geoffroy-de-Chaume fut autorisé à prendre un moulage de son corps ; Boissard et elle se séparèrent en 1847 et en 1848, elle se lia avec le baron d’Ahlefeld, secrétaire d’ambassade, qui l’épousa en 1851 et mourut en 1855. Gautier lui rendra visite dans sa propriété du Schlesvig lors de son prochain voyage en Russie.

29 juin. -Gautier signe un traité pour une suite d’articles d’art à faire pendant un séjour de deux mois en Russie ; il sera payé trente mille francs.

13 septembre. -Publication dans L’Artiste de «  A Monsieur Théodore de Banville ; réponse à son Odelette (L’art)  », poème qui paraîtra sous le titre «  L’Art  » dans la troisième édition d’Emaux et Camées. En 1858, A. Weil écrit à Gautier : «  Votre réponse à Banville est un joyau royal. Vous n’avez rien fait de si parachevé, de si fouillé, de si complet de fond et de forme  »(25).

29 septembre. -Publication dans Le Moniteur universel d’un article sur le Tannhäuser de Wagner représenté à Wiesbaden ; Gautier se targuait d’avoir été le premier à en parler à Paris, comme le rappelle Judith dans Le second rang du collier ;l’article était plein de sympathie, Wagner apparaissant aux yeux de Gautier comme romantique au sens allemand du terme, c’est-à-dire «  impliquant seulement un retour au Moyen-Age  » et musicalement le romantisme de Wagner étant, selon lui, «  bien plutôt un retour aux formes anciennes qu’une innovation révolutionnaire  ».

Fin septembre. -Gautier est en Allemagne, à Wiesbaden et à Stuttgart.

29 novembre. -Publication dans L’Artiste de l’article «  Une Maison de Pompéi, avenue Montaigne  », repris dans le recueil collectif Paris qui s’en va en 1858, et repris dans Le Palais pompéien en 186626.

14 décembre. -Dans Le Moniteur universel « Reprise de Chatterton «  ; à cette occasion, Gautier rappelle ses souvenirs de jeunesse (27).

18 décembre. -Journal d’Eugénie Fort : «  G(autier) raconte un projet de ballet indien  ». Il s’agit de Sacoutala, qui sera représenté en 1858.

22 décembre. -Gautier écrit à Sainte-Beuve pour le féliciter de son article sur Banville et lui rappelle leurs luttes communes pour le romantisme : «  Nous avons été ivres du beau, nous avons eu la sublime folie de l’art comme vous le dites si bien…  »(28).

25 décembre. Traité avec Hachette pour l’édition du Roman de la momie : cinq cents francs pour trois mille exemplaires.

En 1857, Gautier a publié quarante-six articles de critique artistique, cinquante-trois de critique dramatique, trois de voyage et un poème.

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Janvier. -Article dans Le Moniteur universel sur «  La Rue Lafitte : les étalages des marchands de tableaux  », où Gautier approuve cette espèce d’exposition permanente.

11 janvier. -Dans Le Moniteur universel, article nécrologique que «  Mademoiselle Rachel  », qui sera repris dans les Portraits contemporains en 1874.

24 janvier. -Pubication dans L’Artiste du poème «  A M. Ernest Feydeau (Bûchers et tombeaux)  », qui sera repris dans la troisième édition d’Emaux et Camées.

20 mars. -Début de la publication dans L’Artiste de l’étude «  Galerie du XIXème siècle. Honoré de Balzac  », qui se continuera les 28 mars, 4, 18 et 25 avril et 2 mai. Elle est publiée aux mêmes dates dans Le Moniteur universel et sera reprise dans les Portraits contemporains en 1874.

20 mars. -Seconde édition des Nouvelles chez Charpentier.

3 avril. -Publication chez Charpentier des Poésies complètes.

22 avril. -Première au théâtre de la Porte-Saint-Martin du ballet-pantomime Yanko le Bandit. Il était donné en complément de spectacle à un drame de Félicien Mallefille, Les Mères repentantes ; la musique était d’E. Deldevez. La critique fut favorable, admirant aussi bien les décors et les costumes que la musique. Il a été édité en 1872 dans le Théâtre.

21 mars. - Gautier est invité par Charles Monselet au dîner de fondation de l’hebdomadaire Le Gourmet, avec un très riche menu gastronomique (29).

11  mai. -Gautier se retire de la Société des gens de lettres.

Mai-juin. -Gautier voyage dans la vallée du Rhin, en Alsace, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et en Belgique. Il publie dans le même temps ses impressions de voyage.

29 mai. -Début de la publication dans Le Moniteur universel de ses impressions de voyage «  Ce que l’on peut voir en six jours : I. Le lac de Neuchâtel. II. De Berne à Strasbourg. III. Heidelberg, Mannheim. IV. Le Rhin. V. Dusseldorf. VI. Rotterdam, La Haye, Scheveningue. VII. La Haye, Dordrecht, Anvers, Bruxelles  ». La publication se poursuivra les 31 mai, 3, 4, 10 12 et 21 juin. Ces articles seront repris en 1865 dans Loin de Paris.

30 mai. -Publication dans L’Artiste du poème «  La Source  » ; il fera partie en 1863 de la quatrième édition d’Emaux et Camées, puis des Poésies nouvelles.

12 mai. -Nouvelle édition du Voyage en Espagne chez Charpentier.

20 juin. -Article nécrologique dans L’Artiste sur «  Ary Scheffer  », qui sera repris dans les Portraits contemporainsen 1874

4 et 18 juillet. Pubication dans L’Artiste de «  Les douze Dieux de la peinture. I. Léonard de Vinci  ». Cet article reparaîtra en 1863 dans Les Dieux et les demi-Dieux de la peinture, et sera repris en 1882 dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre.

14 juillet. -Première à l’Opéra de Sacountala, ballet-pantomime, livret de Gautier, musique de Reyer, chorégraphie de Petipa. Le succès fut complet et la critique élogieuse ; la musique de Reyer fut particulièrement appréciée : Berlioz en loua l’originalité. Le livret fut publié le 17 juillet et entrera en 1872 dans le Théâtre. Gautier fit lui-même le compte rendu du ballet dans Le Moniteur universel du 19 juillet.

30 juillet. -Gautier est nommé officier dans l’ordre de la légion d’honneur. Il fait un aller et retour à Baden : il dit n’être resté qu’une journée. Il voulait voir Méry pour qu’il négociât un engagement d’Ernesta Grisi pour des concerts pendant les courses ; elle chantera le 24 septembre.

1er septembre. -Publication dans L’Artiste de «  Baden  ». Baden est alors «  le centre et le siège d’été  » de l’aristocratie et du monde fashionable européen, sur lequel Gautier s’attarde, ainsi que sur la description de la ville. Cet article sera repris en 1865 dans Quand on voyage.

3 août. - Publication dans Le Moniteur universel de «  Les cinq nouveaux tableaux espagnols du Musée  » repris en partie en 1864 dans Les Dieux et les demi-Dieux de la peinture, étude sur Murillo, puis dans le Guide de l’amateur au Musée du Louvre en 1882.

4 août. -Gautier part pour Cherbourg assister à l’inauguration du grand bassin Napoléon, qui eut lieu les 5, 6 et 7 août.

28 août. -Traité avec Poulet-Malassis pour l’édition de son étude sur Honoré de Balzac.

3 septembre. -Publication dans Le Moniteur universel du rendu compte de l’inauguration du bassin Napoléon sous le titre «  Cherbourg  » ; elle se poursuivra les 5, 9, 14 et 15 ; l’ensemble sera publié en 1865 dans Quand on voyage.

15 septembre. - Gautier part pour la Russie ; il y restera jusqu’en mars 1859 ; il s’agissait de préparer la publication d’un ouvrage sur les Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne, illustrée de deux cents planches en hélio-gravure tirées d’après des photographies ; le photographe Richebourg était chargé de faire les clichés sur les indications de Gautier, ce dernier devant écrire le texte d’accompagnement. Le projet était sous le patronage du tsar Alexandre II et commandité par un homme d’affaires Carolus van Raay qui avait envisagé cette publication dès l’automne 1857 et était en rapport avec Gautier en mai 1858 ; il se révélera par la suite à la fois incapable et indélicat, et fut en grande partie responsable de l’échec du projet. L’affaire était financièrement intéressante pour Gautier : tous les frais étaient payés, il touchait d’emblée 3000 francs non remboursables en cas d’échec, le reste était payé à mesure de la publication des livraisons ; de plus, il s’était engagé à fournir au Moniteur universel, en échange d’un congé de six mois, une série d’articles sur ses impressions de voyage.

25 septembre. - Il est à Ludwigsburg chez la baronne d’Ahlefeld où il doit rester huit jours ; Ernesta y fera un séjour en septembre 1859. Publication de Sacountala chez Michel Lévy et De la mode chez Poulet-Malassis.

7 octobre. -Gautier est à Lübeck.

9 octobre. -Deuxième édition du Roman de la momie chez Hachette.

11 octobre. - Début de la publication de ses impressions de voyage : «  Esquisses de voyage. I. Berlin.  » (Voyage en Russie, I).Elles se poursuivront le 18 octobre, les 1er , 8, 11 (le seul publié par Gautier en Russie), 24 et 25 novembre, 6, 8, et 26-27 décembre.

15 octobre. - Gautier est à Saint-Pétersbourg.

17 décembre. -Lettre à ses soeurs pleine de nostalgie : «  J’ai été bien triste le 2 novembre en pensant à tous ceux qui ne sont plus ; il faisait presque nuit à midi, le ciel était jaune, la terre couverte de neige et j’étais si loin de ma patrie, tout seul dans une chambre d’auberge, essayant d’écrire un feuilleton qui ne venait pas et d’où dépendait, chose amère, la pâtée de bien des bouches, petites et grandes….  » (30).

En 1858, Gautier a publié trente-deux articles de critique dramatique, vingt-quatre de critique artistique, neuf récits de voyage, quatre de variétés et un poème.

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1er janvier. Troisième édition d’Emaux et Camées chez Poulet-Malassis.

2-3 janvier. - Suite des Esquisses de voyage dans Le Moniteur universel ; elles se poursuivront les 10 janvier, 21 février et 9 avril.

9 janvier. - Dans L’Artiste, article sur le peintre hongrois Zichy qui avait fondé à Saint-Pétersbourg la société des Vendrediens, qui réunissait, tous les vendredis, de jeunes peintres de tous pays, et dont Gautier fit partie pendant son séjour. Selon Judith Gautier, son père tenta de fonder une société analogue à Paris : «  Sa proposition avait été accueillie par les artistes avec enthousiasme, et cependant le projet n’aboutit pas  » (31). La publication se poursuivra les 10 et 23 janvier, 21 février et 9 avril. L’ensemble des Esquisses de voyage constituera les deux volumes du Voyage en Russie qui paraîtra en 1866.

Début février. -Gautier est à Moscou, «  l’endroit le plus éloigné qu’ait atteint Napoléon  », écrit-il à ses soeurs, et dont il dit à Feydeau : «  C’est étrange, splendide, incroyable, chimérique. Je mets Moscou à côté de Constantinople, de Venise et de Grenade  ».

7 février. - Gautier est de retour à Saint-Pétersbourg.

9 mars. - Gautier reçoit son passeport pour rentrer en France, mais le mauvais tempss retarde son départ. Il est encore à Saint-Pétersborg le 18 mars.

27 mars. - Gautier est de retour à Paris.

18 avril. - Début des comptes rendus de l’exposition de 1859. Ils se poursuivront les 23 («  Gérôme  ») et 30 avril, 7, 21 (Delacroix  ») et 28 («  Fromentin  ») mai, 3, 11, 16, 18, 23, 25, 29 juin, 1er, 6, 7, 13, 20 et 29 juillet, 3, 6, 15 et 25 août, 21 septembre et 10 octobre.

16 mai. -Traité avec Amyot pour la publication d’un ouvrage intitulé Saint-Pétersbourg ; cet ouvage ne sera jamais fait, mais se transformera en Voyage en Russie en 1866.

Mai. -Impression des Trésors d’art de la Russie ancienne et moderne, première livraison : Saint-Isaac. Malgré l’annonce de sa mise en vente dans Le Moniteur universel du 25 mai, sa publication ne fut annoncée que le 19 octobre 1861 dans laBibliographie de la France. Elle a été reprise dans le tome I du Voyage en Russie en 1866. Seules cinq livraisons de l’ouvrage parurent, à la grande déception de Gautier qui comptait beaucoup sur le rapport financier de l’affaire ; il touchera cependant de l’éditeur français Gide, au cours de l’année 1860, 7.800 francs.

10 mai. - Théophile Gautier fils, dit Toto, part pour la Russie afin de s’occuper de l’affaire des Trésors d’art de la Russie. Il rentrera le 19 mars 1860.

28 mai. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

Juin. -Gautier est dans les soucis financiers à la fois avec Hetzel pour la publication de l’Histoire dramatique en France et avec le photographe Richebourg à propos de ses frais de déplacement en Russie.

5 juin. -Publication de Honoré de Balzac chez Poulet-Malassis.

25 août. - Gautier invite le journaliste Adolphe Gaïffe à dîner pour son annniversaire le 31, avec ce commentaire : «  A cette époque néfaste, j’entrai dans le monde où je devais faire tant de copie mal payée et inutile -car je en crois pas que le feuilleton soit un sacerdoce  » (32). Il dit à nouveau à Julien Turgan , le 10 septembre, dans une lettre pleine d’amertume et de découragement, qu’il ne s’imagine pas «  remplir un sacerdoce en vomissant tous les dimanches mon même article sur la même pièce, et les mêmes baladins  », «  ni être le prince des critiques  » (33).

3 septembre. Début des comptes rendus sur les concours de l’Ecole des Beaux-Arts : «  Concours pour le Grand Prix de Sculpture  » ; ils se poursuivront les 9 (Grand Prix de Gravure en médailles), le 18 (Grand Prix d’Architecture), le 22 (Grand Prix de Peinture) et le 28 (Envoi des Grands Prix de Rome).

10 septembre. -Gautier fait un voyage à Tarbes et dans la région. Il écrit à sa sœur Emilie : «  J’ai cherché mon berceau sans le trouver  » (34).

19 septembre. - Publication dans Le Moniteur universel du poème «  Ce que disent les hirondelles, chant d’automne  », qui entrera dans la quatrième édition d’Emaux et Camées.

1er octobre. -Il est à Bagnères-de-Bigorre, où il fait des excursions dans la montagne.

5 octobre. -Il est de retour à Paris.

1er novembre. -Publication dans La Revue européenne des poèmes «  La Montre  » et «  Le Souper des armures  » , qui entreront dans la quatrième édition d’Emaux et Camées.

2 novembre. -Traité avec Gide pour l’édition des Trésors d’art de la Rusie, dont ne paraîtront que les cinq premières livraisons sur les seize et demie prévues.

19 novembre. -Publication du Voyage en Espagne chez Charpentier.

10 décembre. - Dans Le Moniteur universel publication d’un article sur les Oeuvres complètes de Balzac, parues dans l’édition populaire à la Librairie Nouvelle : Gautier y fait l’éloge sans réticence de l’écrivain et de son œuvre.

17 décembre. -Troisième édition de Militona chez Hachette.

24 décembre. -Sixième édition des Nouvelles chez Charpentier.

En 1859, Gautier a publié trente-six articles de critique artistique, trente-trois articles de critique dramatique, trois de variétés et quatre poèmes.

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5 janvier. -Suite dans Le Moniteur universel des Esquisses de voyage, poursuivies les 6 et 13 janvier.

14 janvier. -Publication dans Le Monde illustré de l’article «  Le Baptême de la Néva  », qui n’a pas été publié dans le Voyage en Russie.

15 janvier. -La Femme de Diomède, prologue écrit pour l’inauguration de la maison pompéienne du prince Napoléon et offert aux invités ; il fut publié dans L’Artiste le 1er janvier 1863, puis dans les Poésies nouvelles la même année.

28 janvier. Nouvelle édition des Poésies complètes chez Charpentier.

6 février. -Début, dans Le Moniteur universel de la série d’articles consacrés aus Tableaux de l’école moderne ; Exposition au profit de la caisse de secours des artistes peintres, sculpteurs, architectes et dessniateurs ; ils se poursuivront les 9, 20, 23 et 24 février, 7 et 21 mars.

15 mars. Exposition au profit de la caisse…. reprise partielle dans La Gazette des Beaux-Arts des articles du Moniteur universel des 6 et 9 février ; ils seront publiés en 1880 dans Tableaux à la plume.

3 avril. -Article dans Le Moniteur universel sur «  Le Mont Saint-Michel  », poursuivi le 6 avril ; ils seront repris dans Quand on voyage en 1865.

18 avril. -Traité avec Charpentier pour l’édition dans Le Magasin de Librairie d’ » une revue des tableaux qui existent dans le palais du Louvre  ». Ce contrat ne fut jamais rempli.

Juillet. -Projet de concert à Londres pour Ernesta, devant avoir lieu le 16 ; le projet semble ne pas avoir abouti et fut une des dernières tentatives d’Ernesta.

Gautier a acheté un terrain à Villiers-sur-Marne pour y faire construire «  une jolie baraque et un beau poulailler  » (35).

18 août. -Publication de Les Vosges par Jean-Joseph Bellel, vingt dessins d’après nature, lithographiés par J. Laurens. Texte descriptif de Théophile Gautier. Le texte reparaîtra dans les Vacances du lundi en 1881.

27 août. -Dans Le Moniteur universel article nécrologique sur Alexandre Decamps. C’était, selon Gautier, un peintre unique : «  Il a tout créé, son sujet, sa couleur, sa manière ; sur un rayon d’or, il a fait entrer l’Orient dans le domaine de l’art.  »

30 août. -Dans Le Moniteur universel article sur l’ »Exposition du boulevard des Italiens ; ancienne école française  ». Ces études se poursuivront les 5 septembre, 18 et 24 octobre, 16 et 26 novembre et le 15 décembre, cette dernière étant consacrée à Prudhon.

7 septembre. -Début des comptes rendus sur les concours pour le grand Prix des Beaux-Arts (Sculpture), le 15 (Gravure en taille-douce), le 21 (Architecture), le 28 (Peinture).

5 octobre. -Dans Le Moniteur universel, article sur «  Ecole des Beaux-Arts ; Envois de Rome  ».

10 novembre. -Publication dans Le Revue Nationale et Etrangère du poème «  Les Joujoux de la morte  », qui entrera dans la quatrième édition d’Emaux et Camées en 1863.

17 novembre. -Nouvelle édition de Mademoiselle de Maupin chez Charpentier.

8 décembre. - Publication de Gemma, ballet, chez Michel Lévy.

20 décembre. -Dans Le Moniteur universel, «  Bibliographie : Théâtre de Madame Emile de Girardin  », article qui, avec celui de L’Artiste de 1857, servira à la notice mise en tête des Oeuvres complètes, le 2 mars 1861.

25 décembre. -Dans La Revue Nationale et Etrangère, article sur le Voyage en Orient de Nerval, repris dans le tome I deL’Orient en 1877.

En 1860, Gautier a publié trente articles de critique artistique, quarante-cinq de critique dramatique, deux de critique littéraire, six récits de voyage et un poème.

NOTES

  1. Pour les années 1811-1848, voir la première partie.
  2. Pp. 180-183.
  3. Il s’agit du soulèvement des ouvriers des journées de juin.
  4. Lettre du 21 mai 1852, Correspondance générale éditée par Claudine Lacoste-Veysseyre, tome V p.54.
  5. Billet à Feydeau, Corr.gén. Tome IV p.92.
  6. Corr. gén. tome IV p.152.
  7. Lovenjoul, Histoire des Oeuvres de Théophile Gautier, tome I pp.462-492.
  8. Corr. gén.,tome IV p.18.
  9. Cf ses lettres à Louis de Cormenin des 24 juin, 5, 8 et 25 juillet, Corr. gén. pp.68-69, 72-74,82-83.
  10. A Gautier le 19 août, Corr. gén. , tome V p.97.
  11. A Cormenin, 22 septembre, Corr. gén., tome V p.104.
  12. Corr. gén., tome V p.132.
  13. Voir ses lettres à Cormenin des 16 et 28 mai, Lettres de Marie Mattei à Théophile Gautier et à Louis de Cormenin,éditées par E. Kaye, pp. 171 et 174-175.
  14. La Presse du 5 septembre 1853.
  15. 2 juillet 1853.
  16. Voir au 12 octobre 1872. Voir aussi Lov. HOTG, tome II pp.514-539, un plan de la version primitive en prose.
  17. Corr. gén. tome VI, pp.85-86.
  18. Ibid. p.102.
  19. Ibid. p.119.
  20. Lettre du 20 vril, Corr. gén. tome VII, p.145.
  21. Lettre du 4 décembre, Corr. gén., tome VI, p. 187.
  22. Journal, tome I, p.126.
  23. Ibid., tome I, p.143.
  24. Corr. gén., tome VI, p.312.
  25. Ibid., p.337.
  26. Cf Lov. HOTG, tome II, p.142. Voir aussi au 26 mai 1866.
  27. Voir Histoire du romantisme, pp.152-161.
  28. Corr. gén., tome VI, p.338.
  29. Ibid., tome VII, p.33.
  30. Ibid., p.85.

31. Le second rang du collier.

32. Corr. gén., tome VII, p.162.

33. Ibid., p.168.

34. Ibid. p.177.

35. Ibid., p.232, lettre à Ernesta du 5 août


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