Honoré de Balzac

Honoré de Balzac est né à Tours le 20 mai 1799, et mort à Paris le 18 août 1850.

C’est en décembre 1835 que se nouent les relations entre Gautier et Balzac : ce dernier avait applaudi Mademoiselle de Maupin dès sa parution (novembre 1835), et avait demandé à Jules Sandeau de lui présenter l’auteur. Balzac dirige alors La Chronique de Paris, et propose à Gautier d’y collaborer : entre février 1836 et juin 1837, Gautier y publie donc des articles, mais aussi les nouvelles La Morte amoureuse et La Chaîne d’or, et le récit de son Tour en Belgique. Balzac aurait aimé que Gautier l’accompagne en Italie, en 1837, et en fasse une série d’articles comparable à celle donnée au cours du voyage en Belgique ; mais Gautier devait rester à Paris pour rendre compte de l’Exposition.

Malgré leur amitié, Balzac se montre parfois sévère à l’encontre de Gautier. Ainsi, dans une lettre du 16 octobre 1838 à Mme Hanska :

Gauthier est (…) un des talents que je reconnais, mais il est sans force de conception. Fortunio est au-dessous de Mlle de Maupin, et ses poésies qui vous ont plu m’ont épouvanté comme décadence de poésie et de langage. Il a un style ravissant, beaucoup d’esprit et je crois qu’il ne fera jamais rien parce qu’il est dans le journalisme (…). Il est très original, il sait beaucoup, il parle bien des arts, il en a le sentiment, c’est un homme hors ligne et qui se perdra sans doute.

En 1839, les relations de Gautier et Balzac deviennent plus intenses : c’est le moment où Balzac milite dans la toute nouvelle Société des gens de Lettres. Ils ont parfois des désaccords importants, mais de courte durée : en témoigne la lettre de Balzac à Mme Hanska dans laquelle il promet de lui « faire sentir (ses) griffes à (leur) première rencontre » (8 avril 1843). De manière générale, tous deux se soutiennent dans leurs carrières littéraires : Gautier donne souvent les comptes-rendus des pièces adaptées d’oeuvres de Balzac, mais aussi de celles écrites par son ami lui-même.

Gautier a collaboré avec Balzac, mais il est difficile de déterminer précisément la forme qu’a pris cette coopération, notamment concernant Le Chef-d’oeuvre inconnu. Gautier revendiquait en revanche la paternité de La Tulipe, cinquantième sonnet du recueil Les Marguerites attribué à Lucien de Rubempré dans Illusions perdues. Gautier a également aidé Balzac dans certaines relectures (pour Une Fille d’Eve, par exemple). Enfin, Balzac aurait souhaité une collaboration théâtrale avec Gautier, sur Vautrin, Richard Coeur d’Eponge et Orgon, mais Gautier s’est défilé. Tous deux ont contribué au recueil Les Français peints par eux-mêmes (1842).

En tant que directeur littéraire de La Presse, Gautier s’est également occupé de la publication de nombreux textes de Balzac : La Vieille Fille (136), La Femme supérieure (1837), Le Curé de village (1839), Les Français : l’épicier (1839), Comment se font les petits journaux (1839), Une Princesse parisienne (1839), Les Mémoires de deux jeunes mariées (1841-1842), Les deux frères (1841), Un ménage de garçon en province (1842), Honorine (1843), Un Gaudissard de la rue Richelieu (1844), Les Paysans (1844), Petites misères de la vie conjugale (1845).

Si les univers des deux auteurs étaient différents, il semble malgré tout qu’ils aient pu s’inspirer réciproquement : le capharnaum du Pied de momie doit à La Peau de chagrin, et Balzac a emprunté le portrait de Nathan pour Une Fille d’Eve à l’Onuphrius de Gautier.

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(Source : Théophile Gautier, Correspondance générale, éd. Claudine Lacoste-Veysseyre, Genève-Paris, Droz, tome 1, 1985 et tome 3, 1988)


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