Fonds Gautier des Archives départementales des Hauts-de-Seine

Au rang des lieux ressources sur Théophile Gautier, les archives départementales des Hauts-de-Seine occupent une place particulière.

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C’est à l’instigation de Dalloz et Turgan, ses directeurs au Moniteur universel, que Gautier prit la décision de s’installer à Neuilly-sur-Seine, commune limitrophe de Paris, passablement assoupie depuis le départ des Orléans en 1848, mais déjà recherchée des Lettres et des Arts (Baudelaire, Dumas fils, Puvis de Chavannes…). Quittant la rue de La Grange-Batelière à Paris, il loua à partir de 1857 une maison de taille modeste, avec jardin, au 28 de la rue de Longchamp[1]. Et par une belle après-midi d’avril, les habitants de cette paisible artère proche de la Seine virent arriver deux lourdes charrettes chargées de meubles et de bagages de toute sorte, ainsi qu’un fiacre transportant « la smala », selon le mot de Gautier lui-même.

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Désormais, c’est là qu’il écrivit certaines de ses pages les plus célèbres, Le Roman de la momie, Le Capitaine Fracasse, ou Spirite ; là qu’il régna en maître sur la critique parisienne, faisant et défaisant des réputations d’écrivains, artistes et autres gens de théâtre ; là qu’il reçut la fine fleur du monde littéraire et artistique de son temps ; là enfin qu’il s’éteignit le 23 octobre 1872.

De ce fait, un certain nombre de documents à caractère administratif le concernant sont logiquement conservés aux archives[2] ; par ailleurs, cette longue présence explique le lien mémoriel fort que les Hauts-de-Seine entretiennent avec leur illustre enfant d’adoption. Mais une part de hasard est venue considérablement majorer la donne initiale. En effet, en 1983, le Département des Hauts-de-Seine a été destinataire d’une exceptionnelle donation de près de 55 000 ouvrages : celle du généreux bibliophile André Desguine[3]. La masse de la collection est constituée par la littérature du XIXe siècle, un des domaines de prédilection du bibliophile. Et au nombre de ses affinités électives, le « Poète impeccable »[4] occupait une place quantitativement mineure mais affectivement significative, comme le prouve l’édition illustrée de Cinq contes de Théophile Gautier par Les Bibliolâtres de France (1946), dont un exemplaire numéroté est « spécialement imprimé pour André Desguine »[5].

Tous ces facteurs, joints à l’absence d’un lieu de mémoire consacré à Théophile Gautier, ont été déterminants : depuis ces dernières années, les responsables de la bibliothèque ont eu à cœur de redonner force à ce lien privilégié, et le fonds Gautier est celui qui a connu l’évolution la plus importante au sein de la collection, puisqu’il a plus que doublé son volume initial et dépasse désormais les 110 ouvrages, de ou sur Gautier. Cette politique d’enrichissement ambitieuse, où les éditions originales ont la part belle, se signale régulièrement par des acquisitions importantes, comme en 2005, l’exemplaire du catalogue de la vente de la collection Gautier ayant appartenu à l’expert Haro (dont les nombreuses mentions manuscrites font un complément précieux au procès-verbal de la vente), ou en 2007, un recueil de dessins de Gautier, dont une feuille d’ébauches « à quatre mains » avec Balzac. Quelques tirages anciens de photographes célèbres (Bertall, Disdéri et Nadar notamment) sont également venus apporter une nouvelle dynamique au fonds. Enfin, parallèlement aux accroissements destinés à la bibliothèque André-Desguine, sont effectués des achats de pièces autographes[6].

En décembre 2007, un ouvrage coédité par le Conseil général des Hauts-de-Seine et Somogy éditions d’art, Théophile Gautier dans son cadre, est venu concrétiser l’action des archives départementales et de la Bibliothèque André-Desguine en direction du public, pour apporter leur contribution à une meilleure connaissance de l’écrivain majuscule qu’a été Théophile Gautier.

Il convient d’ajouter que dans toutes les typologies documentaires évoquées, l’entourage proche de Gautier n’est pas oublié (compagnes, enfants, gendres, etc.) ; une place non négligeable est particulièrement dévolue à la personnalité et à l’œuvre de Judith Gautier, première femme élue Académie Goncourt en 1910.

QUELQUES ELEMENTS DU FONDS

A défaut d’un inventaire exhaustif, difficile à établir en raison de la diversité des sources concernées (archives ou bibliothèque), ainsi que de la nature des documents (administrative, bibliographique, manuscrite, iconographique), mais qui sera à terme consultable sur le site de la bibliothèque, voici quelques éléments du « Fonds Gautier » aux archives départementales des Hauts-de-Seine :

Pièces autographes

1J815 Seize pages d’épreuves d’Emaux et Camées avec corrections autographes

1J835 LAS « Mon cher Nadar… », s.d.

1J837 LAS « Mon cher Arsène.. », à Arsène Houssaye, avec un dessin à la mine de plomb, s.d., Correspondance générale, VI, 2276 ?

1J874 LAS « Mon cher Claye… », à Jules Claye, Correspondance générale, VII, 2721 [1859?]

1J894 LAS de Carlotta Grisi à Théophile Gautier, 3 mai 1872 (lettre supposée perdue, cf. Correspondance générale, XII, 4692)

1J828 LAS d’Ernesta Grisi à un correspondant non identifié à propos d’un tour de chant, s.d.

1J816 LAS d’Emile Bergerat concernant l’organisation du centenaire de Gautier, 17 mai 1911

Articles de Gautier

Collection originale du Moniteur universel, 1789-1869 (1K)

du Journal officiel (6K), 1870-1899 (puis microfiches)

de L’Illustration, 1843-1955 (398PEG)

Etat civil de Neuilly

4E/NEU_68 Acte de mariage de Judith Gautier et Catulle Mendès, Neuilly, 17 avril 1866 (état civil reconstitué) ; réf. du jugement de divorce en mention marginale.

4E/NEU_74 Acte de mariage d’Estelle Gautier et Emile Bergerat, Neuilly, 14 mai 1872, contresigné par Théophile Gautier.

4E/NEU_120 Acte de décès de Théophile Gautier, Neuilly, 23 octobre 1872, contresigné par Emile Bergerat et Catulle Mendès.

Justice de paix de Neuilly

4U/NEU_348 Procès-verbal de l’apposition de scellés après décès au domicile de Théophile Gautier, 32 rue de Longchamp à Neuilly, 23 octobre 1872 ; suivi du procès-verbal de la levée de scellés, 29 octobre 1872.

Bibliothèque patrimoniale André-Desguine

Recueil factice de dessins de Théophile Gautier, [1872] ; 14 ff. non chifffrés (prov. Ancienne collection Dr Lucien-Graux).

GAUTIER, Théophile, Les Jeunes-France, Paris, Renduel, 1833 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, La Comédie de la Mort, Desessart, 1838 (e.o.).

GAUTIER, Théophile/SIRAUDIN, Paul, Pierrot posthume, Paris, Beck et Tresse, 1847 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Regardez mais ne touchez pas, Paris, Michel Levy frères, 1847 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Pâquerette, Paris, Jonas, 1851 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Italia, Paris, Lecou, 1852 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Les Grotesques, Paris, Desessart, 1854 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Mademoiselle de Maupin, Paris, Charpentier, 1857, nouvelle éd. revue et corrigée.

GAUTIER, Théophile/REYER, Ernest, Sacountala, ballet-pantomime en deux actes, Paris, Michel Levy Frères, Tresse, 1858 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Le Capitaine Fracasse, Paris, Charpentier, 1863 (e.o.).

GAUTIER, Théophile/HOUSSAYE, Arsène/SAINT-VICTOR, Paul de, Les Dieux et demi-dieux de la peinture ; ill. L. CALAMATA, Paris, Morizot, 1864.

GAUTIER, Théophile, Quand on voyage, Paris, Michel Lévy Frères, 1865 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Le Capitaine Fracasse ; ill. G. DORE, Paris, Charpentier, 1866 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Voyage en Russie, Paris, Charpentier, 1867 (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Henri Regnault, s.l.n.d. [Paris, impr. J. Claye, 1872] (e.o.).

GAUTIER, Théophile, Le Pavillon sur l’eau, Paris, Ferroud, 1900 ; ill. H. CARUCHET.

Catalogue des tableaux, aquarelles, dessins, gravures, eaux-fortes, lithographies, photographies, etc, bronzes et objets d’art composant la collection de Théophile Gautier, Paris, s.n., 1873.

Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. Théophile Gautier, Paris, A. Labitte, 1873.

GAUTIER, Théophile (fils) trad., Aventures du baron de Münchhausen ; ill. G. Doré, Paris, Furne, Jouvet et Cie, 1862 (e.o.).

TIN-TUN-LING, La Petite pantoufle, Paris, Librairie de l’eau-forte, 1875 (e.o.).

INFORMATIONS PRATIQUES

La communication des documents et des ouvrages se fait dans la salle de lecture des archives départementales. Pour les modalités de consultation propres à la Bibliothèque André-Desguine, voir sur le site www.bibliotheque-desguine.fr les rubriques Infos pratiques/service des recherches et Catalogues/recherche mode d’emploi.

Par ailleurs, la numérisation de certains ouvrages, ainsi que la mise en ligne des notices de catalogage rendent progressivement accessibles à distance les ressources imprimées de la Bibliothèque André-Desguine, sur le site ouvert depuis octobre 2009.


[1] Devenu le n° 32 en 1860.

[2] Les séries et sous-séries archivistiques 4E pour l’état civil, 3Q pour l’Enregistrement, 4U pour les Justices de paix, voire K pour les publications officielles, en raison de son activité au Moniteur universel et au Journal officiel.

[3] Les ouvrages offerts couvrent tous les domaines traditionnellement constitutifs de la bibliothèque « d’un honnête homme », et incluent notamment 150 incunables illustrant magnifiquement les débuts de l’histoire du livre imprimé.

[4] Dédicace des Fleurs du Mal de Baudelaire, 1857.

[5] Exemplaire numéroté F4434.

[6] Sous-série archivistique 1J.


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